La leishmaniose canine est une maladie parasitaire qu’on retrouve le plus souvent chez le chien, mais qui est également présente chez l’Homme et d’autres espèces de mammifères comme le chat ou encore le lapin. Mais quelle que soit l’espèce touchée, cette maladie peut entraîner de lourdes conséquences, et dans le pire des cas, la mort. 

La leishmaniose est ainsi devenue une des priorités de l’institut l’OMS. D’autant plus que son expansion ne cesse de progresser en France, tout comme dans le reste de l’Europe.

La Leishmaniose chez le chien, qu’est-ce que c’est ?

Définition de la Leishmaniose canine

La Leishmaniose est une maladie infectieuse liée à la présence dans l’organisme de parasites appelés Leishmanies. Il existe différentes espèces dans le monde mais en Europe, il s’agit du parasite Leishmania Infantum.

Ces parasites se transmettent à la suite d’une piqûre de phlébotome, un petit insecte proche du moustique. 

Les Leishmanies ainsi transmises se multiplient dans l’organisme, et peuvent se disperser dans tous les organes et attaquer les cellules de sa peau, son foie ou même sa moelle osseuse. Le chien devient alors un réservoir pour la maladie.

Modes de transmission

Le mode de transmission le plus courant reste lié à la piqûre d’un phlébotome porteur. Mais la contamination est faisable dans les deux sens. Un chien porteur peut donc transmettre lui-même la maladie au phlébotome, qui lui infectera d’autres espèces lors de ses futurs repas. A priori, seul le chien peut contaminer les phlébotomes, et quelques autres espèces de canidés sauvages comme le renard ou encore le loup.

Mais il existe d’autres formes de transmission. Un animal infecté peut alors transmettre la maladie à un animal sain par transfusion sanguine ou au moment de la reproduction. La maladie peut également être transmissible d’une chienne gestante à ses chiots, notamment lors de l’allaitement.

Conseils Véto
Il est fortement conseillé de dépister l’animal avant d’envisager une gestation.

Bon à savoir
Le chien peut rester porteur sain pendant plusieurs années, ce qui ne diminue pas le risque de transmission de la maladie.

Répartition géographique et périodes d’activité

carte leishmaniose chez le chien

Le phlébotome est davantage présent du printemps à l’automne. Concernant leurs activités, on constate un pic important au crépuscule et pendant la nuit

En Europe, la leishmaniose canine est particulièrement présente sur le bassin méditerranéen, c’est-à-dire en Espagne, en Grèce, au Portugal ou encore en Italie. Concernant la France, on la retrouve essentiellement dans les régions du sud, à savoir la Corse, la Provence, la Côte d’Azur, le Midi-Pyrénées et le Languedoc Roussillon. 

Bien entendu, la répartition géographique de la maladie dépend directement de la présence de phlébotomes dans l’environnement. Cela explique sa forte présence dans les 14 départements du sud de la France, qui regroupent toutes les conditions météorologiques nécessaires à son bon développement. Les endroits humides et sombres avec très peu de vent et une température ambiante allant de 18 et 22°C représentent ainsi les critères idéaux.

Conseils Véto
Si possible, évitez les balades nocturnes lors des périodes d’activités intenses.

Bon à savoir
Il est de plus en plus difficile de connaître précisément les zones à risques. Avec le réchauffement climatique, les phlébotomes ont la possibilité d’étendre leurs zones de vie vers le Nord. De plus, l’augmentation des déplacements, notamment en train, en avion ou encore en voiture, permet la migration des phlébotomes sur de longues distances.

Les symptômes de la Leishmaniose du chien

Il existe différentes réactions face à la maladie. Certains chiens ne présentent aucun signe clinique, on dit alors qu’ils sont asymptomatiques. D’autres vont développer certains symptômes, pouvant varier selon l’individu.

Dans les 2 à 3 mois suivants la piqûre, on constate l’apparition d’un chancre d’inoculation. Il s’agit d’un petit ulcère aux bords rouges, souvent situés au niveau de la truffe, du chanfrein, ou de la face interne des oreilles de l’animal. Cette lésion disparaît environ 6 mois après son apparition.   

Les symptômes de la leishmaniose canine vont mettre plus ou moins de temps à se développer mais en règle générale, son évolution est très lente. Pour vous faire une idée, les symptômes peuvent survenir jusqu’à quelques années après la piqûre.  

Symptômes courants :

  • Amaigrissement progressif et fonte musculaire
  • Abattement, fatigue
  • Problèmes de peau
  • Chute des poils, pellicule
  • Boiterie
  • Griffes anormalement longues
  • Saignements du nez 
  • Chancre d’inoculation
  • Coussinets crevassés
  • Troubles oculaires

Symptômes plus rares :

  • Troubles hépatiques
  • Insuffisance rénale 
  • Atteinte musculaire nerveuse
  • Diarrhées
  • Anémie

Conseils Véto
Dès l’apparition des premiers symptômes, contactez directement votre vétérinaire. Il est nécessaire d’agir au plus vite face à cette maladie entraînant parfois la mort. 

Bon à savoir
Il existe des inégalités raciales entre les chiens. En effet, certaines races présentent une réponse immunitaire plus avantageuse, le lévrier des Baléares par exemple. À l’inverse, d’autres ont une réponse immunitaire inefficace, comme le Boxer.

Diagnostic et dépistage de leishmaniose canine

Si vous observez les signes suivants chez votre chien, contactez directement votre vétérinaire

Pour permettre le diagnostic de la maladie, le vétérinaire devra détecter d’éventuels leishmanies dans l’organisme. Pour cela, différentes solutions s’offrent à lui. Le plus souvent, il s’agit d’une simple prise de sang. Mais dans d’autres cas, il effectuera un prélèvement cutané ou une ponction ganglionnaire ou de la moelle osseuse.

À l’heure actuelle, il s’agit des seules façons d’établir un diagnostic fiable. À la suite de ces examens, le vétérinaire pourra mieux cerner la vulnérabilité de l’animal face à la maladie.Si vous envisagez une gestation ou que vous avez récemment fréquenté une zone à risque, il est possible d’effectuer un dépistage à l’aide d’un test sanguin. Ce test présente de nombreux avantages. Il est rapide et est capable de détecter la leishmaniose dès 3 semaines après l’infection, sur un animal asymptomatique ou non.

Pronostic

Le vétérinaire pourra ensuite poser un pronostic de plusieurs manières. 

Soit par l’analyse du bilan sanguin, en identifiant une éventuelle anémie, une diminution des globules blancs, ou une insuffisance rénale ou hépatique. Le pronostic reste très réservé.

Il peut également effectuer un suivi sérologique. Ce suivi a pour but de mesurer le taux d’anticorps dans l’organisme : plus de taux est élevé, plus le pronostic est pauvre. Lorsque les propriétaires demandent cet examen, on utilise le plus souvent la technique de l’immunofluorescence indirecte (IFI). En effet, il s’agit du test le plus sensible à la présence d’anticorps donc le plus efficace. 

Plus le pronostic sera précis, plus le vétérinaire va pouvoir mettre en place un traitement adéquat. De plus, il sera plus facile pour lui d’envisager l’évolution des symptômes et de la maladie dans les années à venir.

Traitements de la leishmaniose

Malheureusement, il n’existe toujours pas de traitement définitif de la leishmaniose canine à l’heure actuelle. Il est possible d’améliorer très notablement l’état des malades, mais, même si tous les signes de la maladie disparaissent, le chien reste porteur du parasite. C’est pourquoi un chien atteint de la leishmaniose doit être suivi par un vétérinaire toute sa vie. Tout repose donc sur la prévention. 

Malgré tout, il est possible de limiter les risques graves de la maladie en utilisant certains traitements. Néanmoins, ces interventions sont souvent onéreuses et en cas d’arrêt du traitement, la rechute est probable. 

Le plus utilisé parmi les traitements actuels est l’antimoniate de méglumine, un antiparasitaire actif sur les leishmanies. Le produit est injecté par voie cutanée, et associé à de l’allopurinol administré par voie orale. Cette méthode va avant tout permettre de ralentir la progression de la maladie et de contrôler les symptômes qui en résultent. 

Quel que soit le protocole utilisé, il vous faudra vous rendre chez votre vétérinaire traitant régulièrement. En effet, les produits employés nécessitent un suivi médical précis.

Si une guérison complète semble impossible, il est tout de même conseillé de mettre en place ce type d’intervention. Grâce à cela, certains chiens peuvent de nouveau mener une vie normale. 

A noter que d’autres mesures adjuvantes peuvent être mises en place en fonction des symptômes de l’animal, notamment en cas de troubles oculaires.

Bon à savoir
Traitement ou non, il arrive parfois que des chiens décèdent à la suite d’une atteinte rénale. Dans ce cas là, la dialyse peut être une solution pour un meilleur confort de vie et une meilleure prise en charge de la maladie. N’hésitez pas à vous rendre dans notre centre de dialyse Nephraix situé à Aix-en-Provence.

Prévention

Vous l’aurez compris, combattre la leishmaniose canine c’est avant tout la prévenir, et particulièrement dans les zones à risques.

La vaccination contre la leishmaniose canine

Actuellement, il existe deux vaccins contre la leishmaniose : le CaniLeish, commercialisé depuis 2011, et le LetiFend, qui a vu le jour en 2018. Ceux-ci ont pour but d’augmenter l’immunité du chien face à l’infection. En Europe, ce sont déjà 500 000 chiens qui ont bénéficié de la vaccination.

Concernant le Canileish, il se pratique en 3 injections espacées de 3 semaines d’intervalle la première année. À l’inverse, le Letifend s’effectue en une injection seulement.

Quel que soit le vaccin choisi, un rappel annuel est nécessaire pour maintenir les effets. Autre subtilité, la protection est obtenue environ un mois après la première injection. Il est donc important d’anticiper un éventuel départ en vacances dans les régions à risque, soit 3 mois à l’avance environ.

Attention, la vaccination est possible que si l’animal est non infecté et en bonne santé. C’est pourquoi le vétérinaire effectuera automatiquement un dépistage avant de procéder aux injections. 

Ce dépistage concerne également les chiots. Bien que la vaccination soit possible pour eux dès leur 6 mois, elle ne peut être effectuée en même temps que d’autres vaccins utilisés pour n’importe quelles maladies, ou alors il faudra attendre au minimum un mois entre ces derniers. C’est la raison pour laquelle le calendrier de vaccination du chiot doit être bien construit. N’hésitez pas à demander de l’aide à votre vétérinaire.Malheureusement et comme tous vaccins classiques, il se peut que l’animal rencontre des effets indésirables. On constate alors chez certains individus divers symptômes tels que de la fièvre, des gonflements autour de la zone piquée, des rougeurs ou encore des démangeaisons. Mais rassurez-vous, ces réactions sont  généralement temporaires.

Conseils Véto
Les phlébotomes raffolent des sources d’eau stagnantes. En réalité, leur comportement est semblable aux moustiques. N’hésitez pas à les faire disparaître si celles-ci se trouvent à proximité des habitations. 

Bon à savoir
Une étude a démontré que 93% des chiens vaccinés contre la leishmaniose ne présentent aucun symptôme.

Bon à savoir
Difficile à croire, et pourtant. Quelques pays ont opté pour la facilité et ont tenté d’éliminer tous les animaux infectés. Bien évidemment, cette procédure s’est avérée inefficace, en sachant que la plupart des chiens porteurs n’ont aucun signe clinique visible.

Les antiparasitaires externes

Le vaccin diminue les symptômes chez le chien mais n’empêche pas sa contamination. Il est donc indispensable d’avoir une bonne protection antiparasitaire externe. Ces répulsifs ont ainsi pour objectif de limiter le nombre de piqûres de phlébotomes.

Quelque soit la méthode employée, il est indispensable de poursuivre le traitement tout au long de la période à risque, autrement dit d’avril à octobre.

Colliers antiparasitaires 

Facile et pratique d’utilisation, les colliers antiparasitaires contre les phlébotomes sont peu nombreux. 

Les colliers Seresto et Scalibor disponibles sur le marché sont connus pour leur efficacité et ce dès quelques jours après la pose. Concernant ce premier collier, sa durée d’action est d’environ 5 mois contre 7 à 8 mois pour le second. 

Le prix des colliers est raisonnable, il faut compter entre 20 et 30 euros.

Pipettes antiparasitaires

Les pipettes antiparasitaires apportent une protection plus complète que le collier, mais pour le coup, il sera nécessaire de répéter l’action tous les mois.

A poser directement sur la peau du chien, elles sont également faciles d’utilisation.

Cette fois, ce sont les pipettes Advantix et Vectra 3D qui semblent être les plus adéquates. Les pipettes Advantix demeurent légèrement plus chères que leur concurrent mais il faut compter entre 20 et 60 euros pour l’une ou l’autre selon la taille et le poids de l’animal.

Sprays antiparasitaires

Certaines marques proposent également des antiparasitaires sous forme de spray. 

Tout comme les pipettes, leur durée d’action est d’environ un mois pour les chiens, mais de seulement deux semaines pour un chiot. 

Généralement, on utilise le spray en plus des pipettes ou du collier lors des balades.

Conseils Véto
Attention, les antiparasitaires ne sont pas tous efficaces contre les phlébotomes.
Si vous avez des questions sur le dépistage, la prévention, le traitement ou la vaccination contre ce parasite et cette maladie, n’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire. 

Quels sont les risques de transmission de la leishmaniose à l’Homme ?

La Leishmaniose canine est une maladie zoonose, c’est-à-dire transmissible de l’animal à l’Homme. Cette transmission passe par l’intermédiaire du fameux phlébotome porteur, s’étant probablement nourri sur un chien contaminé. 

Les symptômes de la leishmaniose humaine sont nombreux et variés. Mais tout comme chez le chien, celui-ci peut ne présenter aucun signe de la maladie.

On distingue trois formes cliniques courantes : viscérale (la plus sévère, parfois mortelle), cutanée (la plus fréquente et sûrement la moins inquiétante), et cutanéo-muqueuse. 

Rassurez-vous, la leishmaniose humaine est quasi inexistante en France. On ne recense pas plus d’une dizaine de cas par an. De plus, des traitements efficaces contre cette maladie existent chez l’Homme, et la plupart des patients traités guérissent définitivement. Les chiens ont donc beaucoup plus de soucis à se faire.

Toutefois, elle reste conséquente dans le monde. Voici pourquoi la mise en place d’une protection efficace du chien est particulièrement intéressante dans le cadre d’une protection humaine car le chien vacciné serait moins porteur de leishmanies pour le phlébotome. Mieux les chiens seront protégés, moins la leishmaniose pourra se répandre.

Conseils Véto
Contrairement au chien, l’Homme est incapable de transmettre la maladie.

La leishmaniose existe-t-elle chez le chat ?

Oui, la leishmaniose existe chez le chat, mais elle est plus rare. Bien que leurs défenses immunitaires soient plus efficaces contre ce parasite, la maladie serait de plus en plus fréquente chez nos félins. 

Il semble que les formes cutanées prédominent, mais le parasite peut également être à l’origine d’atteintes des organes internes.

Les mesures de prévention pour limiter les piqûres sont les mêmes que pour les chiens. On retrouve donc des colliers, des pipettes et des sprays efficaces contre le phlébotome.

Conseils Véto
Les répulsifs pour chien sont toxiques pour les chats. Ne les utilisez jamais sur eux.